Compte rendu de l’audience avec la DASEN

audience demandée par SUDéducation le 03/12
mercredi 15 janvier 2020
par  SUD Education 03

Cette audience se tient le mardi 03/12 à 18h00 à la DSDEN
en présence de Mme la DASEN, et M. Douchet IEN

pour SUDéducation
Jean-Philippe Laurendon élu en CAPD 03 pour SUD éducation
Erwan Charny représentant de SUD éducation

Audience SUDéducation 03

1) A propos des postes :
-Question de SUD éducation : Quelle est la situation des enseignant.es contractuel⋅les déployé⋅es dans l’Allier. Et quelle avenir se présente pour eux ?

La DASEN explique qu’à cette date actuelle elle ne possède aucun élément sur l’avenir des contractuel.les.
Elle se félicite des « retours positifs » sur l’adaptation des personnes aux postes. (9 postes, et 1/2 postes langage des signes.) Mais on note déjà 1 démission déjà.

Commentaire de SUDéducation : SUD craint qu’ils deviennent une variable d’ajustement systématique des effectifs à chaque rentrée. Cela impliquerait qu’il n’y a donc aucune raison qu’ils⋅elles soient prolongé⋅es. Mais pourraient quand même être réengagé⋅es à la rentrée suivante, comme personnel jetable si le besoin s’en faisait sentir (comme par exemple une sortie massive de collègues vers le Puy de Dôme).

Une problématique demeure cependant concernant les demandes des enseignant⋅es du 03 à rejoindre le 63. Selon la DASEN les intérêts individuels sont en contradiction avec les intérêts de l’Institution.

Commentaire de SUDéducation : Il faudrait aller au-delà de ce seul problème « d’intérêts » individuels. Tout travailleur⋅se a le droit de vivre auprès de ses proches. La situation de blocage de mouvement interdépartemental entre l’Allier et le Puy de Dôme n’est donc ainsi pas réglé est reste affaire d’ouvertures de postes, revendiquées par SUD.
Le pis-aller inventé par le Recteur précédent pour calmer un mouvement spontané de collègues qui commençait à devenir trop « visible » sur les divers médias et réseaux sociaux ne consiste donc qu’à précariser les enseignant⋅es en les recrutant sous statut précaire pour colmater les manques laissés par ceux qu’on a fait sortir de l’Allier.
Le nouveau recteur semble confirmer que cette « largesse » se renouvellerait. A suivre donc.


SUD éducation revendique un droit à la mobilité pour tous les personnels enseignants.
Ainsi qu’un recrutement de titulaires sous statut de fonctionnaire, le seul compatible avec la mission d’enseignement dans la Fonction Publique.


Malgré nous avoir certifié n’avoir aucune visibilité pour la rentrée prochaine dans le cadre du mouvement interdépartemental, manifestement M. la DASEN aurait « oublié » une lettre signée de sa main, datée du 27/11 (donc quelques jours avant l’entretien), où elle répond au collectif mutations des professeurs dans l’Allier et y évoque ses pistes de réflexions et où bien sûr, elle balaye rapidement leur demande de recrutement supplémentaire.

-SUD éducation : Quelle est la situation de l’Allier en terme de postes et comment Mme la DASEN entend gérer les moyens (souvent constants ou en baisse), entre autre quels types de postes seront favorisés ou impactés (RASED, REP/REP+, petite école, TR) ?

La DASEN contredit SUD sur les moyens constants ou la baisse de moyen en terme de poste.
Selon elle, depuis la convention ruralité signée par les différents acteurs de l’Éducation, l’Allier est à moyen constant (sur 6 ans, l’Allier n’a « pas perdu » 70 postes, car pendant ce temps les effectifs baissaient de 1500 élèves). Le moyen constant permet la « non fermeture » de poste. (Nouveau concept hiérarchique…)
La DASEN renchérit : les 3 prochaines années, il y aura encore une baisse de 1500 élèves prévue. Donc pas d’inquiétude selon elle, les dotations (ou non-dotations), mêmes à moyens constants, seront confortables, le taux d’encadrement est de 20,71 (e/p) en REP et en ZRR (zone rurale) ce dont elle se satisfait.

En terme de gestion, la DASEN entend se soucier de :
- l’éducation prioritaire,
- la ruralité,
- les élèves à besoin particuliers,
- le remplacement,
- l’accompagnement des professionnels (formation etc.)

Commentaire de SUDéducation : SUD constate que tous ces points seront donc menés « en même temps » à moyen constant ou en baisse,une gageure. Manifestement Mme la DASEN n’est pas au fait de l’État des RASED dans notre département. (Elle se félicite de la présence de 3 PsyEN par circonscriptions). Ni des classes surchargées en REP du fait des répartition déséquilibrées imposées par le dédoublement REP/REP+ au CP/CE1, ni de l’absence de formation pour cause de stage annulé faute de remplaçants, ni de nombreux cas d’intégration qui se passe sous tension faute de présence de personnels nécessaires sur le terrain.

Note : au moment de l’entretien (03/12) SUD éducation « craignait » des fermetures de postes, la semaine du 13/01, les craintes sont confirmées, on apprend définitivement : -11 postes pour l’Allier, les annonces de Mme la DASEN sont désormais de l’ordre du défi, ou du doux rêve.

2) Formation :

-SUD éducation : A ce même propos, nous demandons un point sur le remplacement au vu des annulations de stages pour cause d’absence de remplacement ?
Commentaire de SUDéducation : On note qu’au début des années 2000 il y avait 32 BFC en Allier, en 2019 il n’y a plus que 10 BFC. Il suffit qu’un ministre décide comme il lui vient que les directrices et directeurs seraient déchargés subitement (surtout pour leur donner quelques miettes afin de faire taire le malaise qui s’installe dans leur fonction). Vu le peu de remplaçants ceci suffit à faire annuler toutes les formations du mois concerné.

Pour la DASEN la priorité dans la gestion des postes est toujours un « écho national » (Traduction de SUD : La DASEN ne décide de rien, c’est le Ministère qui téléguide).

La DASEN souhaite développer la formation sur l’école inclusive, avec la mise en place d’un maillage territorial pour aider les enseignant⋅es qui en seraient déstabilisé⋅es. (information+ accompagnement.) Elle entend diffuser une culture de l’intégration parmi les enseignant⋅es depuis la formation initiale jusqu’en formation continue (note de SUD : qui n’existe quasiment plus…).

-SUD éducation : Où en est la réflexion sur le déploiement des titulaires de CAFIPEMF et des PEMF ? Une évocation d’une rotation a été faite en CAPD l’an dernier.

M. Douchet indique que cette rotation ne serait pas permise par les textes. (On ne peut retirer ainsi son poste à un enseignant). Pour l’instant la DASEN affirme n’avoir entamé aucune réflexion sur la question.

3)ASH

-SUD éducation : Peut-on avoir des informations quant à l’absence d’IEN ASH sur le département ?

Mme la DASEN explique le recrutement d’un chargé de mission pôle inclusif à la place d’un IEN ASH car l’appel à candidature a été infructueux. (Le problème était attendu et serait national, un tel recrutement est toujours difficile surtout en cours d’année).
M. Larbot est nommé chargé de mission.
M. Douchet devient Inspecteur pour les enseignants relevant de l’ASH sans élèves, les autres enseignants ASH devant élèves seront donc inspectés par les différents IEN des circonscriptions dans lesquelles leurs communes se trouvent. (ceci représente moins d’une dizaine par circo)

4) Orientations nationales

-SUD éducation : Est-ce que le seuil de dédoublement CP et CE1 en REP/REP+ existe encore, au vu des situations que nous pouvons observer sur le terrain ?

Commentaire de SUDéducation : On observe des classes dans certains bassins qui peuvent monter jusqu’à 18 ou 19 en fonction des répartitions. (double niveau notamment).

Pour la DASEN, en cette rentrée 2019 tous les dédoublements ont été effectués dans les CP ,CE1 de REP/REP+ (74 classes)
La DASEN confirme le seuil de 12 à 15 pour dédoubler.
Elle annonce par ailleurs que le même dispositif de dédoublement serait étendu pour les GS dans les REP/REP+ aux prochaines rentrées.
(Mais avec quel moyen humain ? SUD s’inquiète que l’on prélève ici ce que l’on donnera là en terme de poste.)

Commentaire de SUDéducation, Nous prenons acte de cette confirmation, mais elle ne règle en rien la situation de certaines classes de réseau prioritaire qui de plus, font face à des intégrations et des répartitions qui amènent à dépasser 15 élèves en classe. Aucune réponse concrète n’est apportée par la DASEN à l’évocation de ces cas. D’autant que certains IEN ne semblent guère se soucier de ces dépassements de seuils.
SUD éducation demande que les éléments de langages se traduisent de façon cohérente dans les situations sur le terrain.


- SUD éducation : Y a-t-il encore un avenir pour le paritarisme en Allier (et en France) ; notamment dans le 1ier degré avec le retrait de leurs principales compétences aux CAPD (mouvement et promotion) dans le cadre de la loi de transformation de la fonction publique ?

La DASEN explique que la réforme est globale et à l’échelle nationale et qu’elle nécessitera un « repositionnement » de chacun des interlocuteurs sociaux. Mais elle souhaite que l’évolution de la gouvernance ne se traduise pas par une perte de dialogue.

Commentaire de SUDéducation : SUD ne souhaite pas enjoliver le regret d’un système représentatif qui pouvait favoriser dans son organisation des formes de syndicalisme d’accompagnement,de syndicalisme de service, voire de clientélisme. Cependant, il constituait le résidu d’un dialogue sociale dans le cadre duquel de petites avancées (notamment en terme d’application très locales et très concrètes de barème et d’adaptation des règles nationales aux réalités de l’Allier) étaient encore permises.
Ce n’est plus le cas désormais, la réforme Macronienne où chacun constitue l’auto-preneur de son existence, offre un cadre dans lequel le syndicat de défense collective est éjecté de toute éventuelle confrontation avec la hiérarchie au profit d’un syndicalisme d’accompagnement plus soucieux de réclamations et de vindictes individuelles (parfois même en contradiction avec l’intérêt du collectif et de l’Institution comme le disait pourtant si bien Mme la DASEN plus avant dans l’entretien).


SUDéducation dénonce cette réforme qui retire des droits aux enseignants notamment le droit de la défense collective de leurs intérêts, dans un contexte où des plus en plus d’efforts : administratifs, de revenus salariaux et de retraites, de polyvalences, de disponibilités… leurs sont imposés.
Comme ce qu’on a vu pour ParcourSUP, les décisions seront donc prises par la « machine » administrative sans aucun regard des représentants syndicaux, seules les miettes nous sont jetées : le droit à réclamer au guichet des plaintes de rectifier des erreurs de la machine constatées à un agent administratif sous la pression du nombre de dossiers, à cause du manque d’effectif.
La vision de la France et du Monde par Macron-Blanquer est en marche. A nous de choisir : s’y soumettre ou la combattre dans tous les aspects nocifs où elle se présente.

JP Laurendon elu et Erwan Charny représentant de SUD éducation.