Loi Rilhac sur la direction d’école adoptée à l’assemblée : c’est le moment de se mobiliser !

jeudi 30 septembre 2021
par  SUD éducation 03

Le mercredi 29 septembre, la proposition de loi Rilhac, qui vise à donner aux directeurs et directrices d’école une délégation de l’autorité académique et à leur conférer une autorité fonctionnelle, a été adoptée en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Alors que les écoles sont encore déstabilisées par la crise sanitaire, les député·es ont donc choisi d’entériner cette transformation majeure du fonctionnement des écoles contre l’avis de la majorité des directeurs et directrices.

N’écoutant pas la mobilisation des personnels venu·es jusque devant les fenêtres de l’Assemblée pour faire entendre leur colère, les parlementaires ont voté un texte dont les conséquences désastreuses peuvent d’ores et déjà être anticipées :

  • éclatement des salles des maîtres·ses dont la cohésion faisait jusque là la force des écoles,
  • surcharge de travail et mise sous pression des directeurs et directrices transformé·es en supérieur·es hiérarchiques à leur corps défendant,
  • transformation insidieuse du travail d’équipe en un travail subordonné,
  • épuisement professionnel des personnels du premier degré.

Les élèves ne pourront que pâtir de ce bouleversement qui ne répond absolument pas aux besoins exprimés sur le terrain : les élèves réussissent et s’épanouissent d’autant mieux qu’ils et elles se sentent entouré·es par des équipes pédagogiques soudées. Qu’en sera-t-il lorsque les directeurs et directrices cesseront de s’investir par dépit ou lorsque les enseignant·es perdront cette motivation qui les fait tenir jour après jour ?

Pour obtenir le retrait de cette proposition de loi, qui doit désormais repasser en deuxième lecture au Sénat à partir du 20 octobre, la fédération SUD éducation appelle l’ensemble des personnels du premier degré à se mobiliser.

Convaincue que cette loi ne résoudra aucun problème mais déstabilisera en profondeur les écoles, la fédération SUD éducation est résolue à construire, dans l’unité syndicale la plus large possible, un mouvement de grève pour gagner ce combat et défendre le fonctionnement collectif des écoles.


Une nouvelle hiérarchie dans l’école

Aujourd’hui, les directeurs et directrices sont les collègues des autres enseignant⋅es de l’école. Il n’existe aucun lien hiérarchique entre elles et eux. Les professeur⋅es chargé⋅es de direction ont en revanche des tâches administratives spécifiques, peuvent bénéficier d’une décharge d’enseignement en fonction de la taille des écoles et sont les interlocuteurs ou interlocutrices de l’administration et des mairies.

Le ministre Blanquer rêve d’instaurer une nouvelle hiérarchie à l’école. Il s’est appuyé pour cela sur la proposition de loi Rilhac. L’objectif de la loi est de transformer la direction d’école en un poste d’encadrement, doté d’une autorité fonctionnelle. Cela correspond à l’obsession autoritaire du ministre Blanquer, qui cherche sans relâche à imposer sa vision verticale et managériale de l’école aux personnels.

Un projet rejeté par les personnels

Les professeur⋅es des écoles, chargé⋅es de direction ou non, rejettent massivement ce projet. Ils et elles sont attaché⋅es au fonctionnement collectif et démocratique de l’équipe, centré autour du conseil des maîtres⋅ses. Donner une autorité fonctionnelle aux directeurs et directrices, c’est chercher à les couper du reste de l’équipe et nuire au fonctionnement de l’école.

Revendications

La situation actuelle est insatisfaisante : les enseignant⋅es n’ont pas assez de temps de concertation, et les directeurs et directrices croulent sous les tâches administratives (souvent inutiles) qui s’accumulent. Pour SUD éducation, la solution ne réside pas dans le renforcement de la hiérarchie dans les écoles. Il faut au contraire permettre aux personnels d’assurer pleinement une gestion collective des écoles.

SUD éducation revendique :

→ un allègement réel des tâches administratives

→ une définition claire des compétences des DSDEN et des collectivités, notamment en matière de sécurité

→ une augmentation du temps de décharge pour la direction, qui doit pouvoir être partagé entre les collègues en fonction de la décision du conseil des maîtres et maîtresses, avec une formation à la gestion collective des écoles.