2S2C : encore un coup de pression, une organisation intenable, la territorialisation des enseignements

mercredi 3 juin 2020
par  SUD Éducation 03

Les écoles viennent juste de mettre en place l’organisation dans leurs écoles et espéraient pouvoir la supporter jusqu’aux vacances après des jours de casse-tête.

Et bien non ! Ce mercredi, les écoles reçoivent un long mail décrivant la laborieuse mise en place des 2s2c…

Cette stratégie de la mise sous pression est inacceptable. SUD éducation la combat depuis le début et a conseillé et soutenu de nombreux personnels.

Ces 2s2c, c’est le truc irréalisable en quelques jours vu les moyens nécessaires (personnels et locaux)…

Un principe d’autodéfense individuelle et collective : A l’impossible nul n’est tenu.

Les 2s2c, c’est aussi l’idée, qui ne doit pas s’installer, que les collectivités locales pourraient prendre en charge des enseignements (arts, eps, éducation civique) et qu’en classe on ne ferait plus que des maths et du français.

Ne jouons pas à un jeu qui se retournera contre nous !

Si notre hiérarchie n’est pas capable de proposer des organisations réalisables qu’elle nous fiche la paix !


2S2C : SUD éducation dénonce une attaque d’ampleur contre le service public d’éducation

Communiqué fédéral

Le 21 avril, dans le cadre des annonces concernant la réouverture des écoles et établissements, le ministre Blanquer annonçait la mise en place des dispositifs 2S2C, pour "Santé, sport, citoyenneté, culture". Ce dispositif est mis en place dans le cadre de conventions entre l’Éducation nationale et les collectivités territoriales. Le but affiché est de favoriser la prise en charge des enfants en-dehors des écoles et établissements, pour permettre à ceux-ci et celles-ci de respecter l’application du protocole sanitaire.

Au vu des annonces, il apparaît maintenant clairement qu’il s’agit d’un nouveau cheval de Troie de la casse des statuts et une étape d’ampleur de la territorialisation de l’école. Le résultat en sera un transfert de compétences de l’Éducation nationale vers les collectivités, et de ce fait un accroissement des inégalités entre les territoires en matière d’offre de formation. Blanquer utilise ainsi cyniquement la crise sanitaire pour faire avancer son projet d’école libéral et réactionnaire.

Le projet consiste en effet à externaliser ce qui concerne le sport et les activités artistiques vers les collectivités. Que ce soit dans le premier ou le second degré, ces enseignements font intégralement partie des missions des personnels enseignants. Pour Blanquer, il s’agit là d’une nouvelle opportunité de recentrer les apprentissages scolaires sur le "lire-écrire-compter", et d’éloigner l’école de la société. Pour SUD éducation, les activités physiques et artistiques font partie intégrante d’un enseignement émancipateur, contre une vision utilitariste de l’école qui se limite à l’enseignement des supposés fondamentaux. Elles nécessitent une formation initiale et continue importante et la professionnalité des enseignant-e-s qui les dispensent ne peut être foulée aux pieds de cette manière.

Ce transfert de compétences est de plus une menace contre les garanties statutaires. L’avenir du corps des professeur-e-s d’EPS est particulièrement concerné, dans le cadre qui se dessine d’un remplacement l’EPS par les clubs de sports. Celui des enseignant-e-s artistiques l’est aussi. Au-delà, avec la perspective d’une articulation du temps éducatif entre enseignements scolaire le matin et activités prises en charge par les collectivités l’après-midi, c’est bien une attaque d’ampleur contre les obligations de service qui s’annonce.

Enfin, il s’agit d’une nouvelle étape dans la territorialisation de l’école, qui va aggraver les inégalités scolaires. En effet, le transfert de compétences annoncé va creuser l’écart entre les collectivités en terme d’offre de formation. Si les enseignements sportifs et artistiques sont pris en charge par les collectivités, il est certain qu’ils ne seront pas de même qualité entre une collectivité riche et une collectivité pauvre : il est d’ores et déjà certain que la compensation envisagée par le ministère ne couvrira pas la dépense des collectivités. Encore une fois, ce seront les enfants des milieux populaires et des espaces ruraux qui en feront les frais.
Pour SUD éducation, le dispositif 2S2C, c’est donc :

un projet réactionnaire de réduction de l’école aux savoirs supposés fondamentaux
une attaque contre les statuts des personnels
une nouvelle étape dans la territorialisation de l’école, qui va aggraver les inégalités scolaires

Pour toutes ces raisons, SUD éducation refuse catégoriquement ce projet et appelle les personnels à se positionner et à engager une mobilisation contre ce nouveau projet de réforme libéral et réactionnaire.