Quelle reprise le 22 juin ?

mercredi 17 juin 2020
par  SUD Éducation 03

En déclarant le 28 mai que "toutes les familles qui le souhaitent doivent pouvoir scolariser leur enfant au moins une partie de la semaine", Blanquer a laissé croire aux familles que leurs enfants pouvaient être pris en charge par l’école, comme s’il ignorait les restrictions établies par le protocole sanitaire. Il a fait une promesse intenable et demandé à d’autres de la tenir : en renvoyant l’organisation à l’échelle locale, il a ainsi désigné les boucs émissaires de toute déception à venir : les enseignant·e·s et les chef·fe·s d’établissement.

Aujourd’hui, après l’annonce présidentielle de ce dimanche, nous sommes toujours dans l’attente du protocole ré-actualisé qui devrait permettre le retour à l’école de tous les élèves ce lundi 22 juin. Par quelle prouesse technique serons-nous sommé·e·s de réussir à faire rentrer tous nos élèves (rappelons que les effectifs sont très souvent de 28 à 30 élèves par classe et plus en lycée) dans nos classes tout en respectant une distance latérale (il semblerait que maintenant le virus se déplace en crabe… sic) de 1m ?

Les parents d’élèves, à juste titre, ne sont pas satisfaits de ce que l’éducation nationale a offert à leurs enfants depuis le 16 mars. Ils le sont d’autant moins qu’ils ont été sommés de reprendre le travail au plus vite, alors que les écoles, collèges et lycées ne pouvaient accueillir leurs enfants qu’une partie de la semaine au mieux. Dimanche, Macron a annoncé que la période d’’école à temps partiel était terminée. Ce sont encore les personnels, sur le terrain qui vont subir leur mécontentement quand on va leur annoncer que finalement, il est impossible d’accueillir tous les élèves en même temps.

Nul doute que certains médias vont encore s’en donner à cœur joie pour alimenter et, si besoin, gonfler artificiellement cette insatisfaction pour en faire un nouveau tir de barrage contre les enseignant·e·s. Selon ces courageux journalistes, l’origine de la rumeur contre les enseignants serait “un ministre en première ligne" ; il se murmure même que ce valeureux ministre s’appellerait… Jean-Michel Blanquer.