Le projet d'ouverture d'une mine de lithium et de deux usines de concentration et de conversion du minerai dans l'Allier est présenté par les pouvoirs publics comme un projet écologique majeur permettant d’œuvrer à une transition énergétique indispensable pour sauver la planète. Ainsi l'extractivisme serait notre seule chance de lutter contre le changement climatique. SUD Education 63/03 et Solidaires Allier refusent et contestent ce projet industriel écocide ainsi que l'ensemble des projets extractivistes.
Le discours dominant sur les minerais critiques est plein de failles et d’omissions. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous fier uniquement au battage médiatique et aux narratifs de l’industrie. Le récit de la transition implique de passer des énergies fossiles aux métaux, qui ne sont pas non plus renouvelables. Dans le meilleur des cas, elle consisterait à reporter sur les métaux la demande d‘énergie qui reposait jusqu’ici sur le pétrole, le gaz et le charbon.
Nous avons besoin d’un débat public et citoyen contradictoire afin d’éviter le scénario très possible d’une augmentation des profits des entreprises au détriment de zones de sacrifice toujours plus nombreuses, sans la moindre preuve que les émissions de gaz à effet de serre diminueront. Nous sommes confrontés à un véritable déni démocratie à travers l'imposition de ces projets industriels et extractivistes. Si les populations directement concernées par les impacts des mines avaient réellement voix au chapitre, comme le prévoit la convention d'Aarhus et la convention numéro 169 de l'Organisation internationale du travail sur les droits les peuples autochtones et tribaux, une bonne partie des projets extractifs ne pourrait tout simplement pas exister. C'est ce qui ce produit le plus souvent quand les activités extractives sont soumises à des tests démocratiques.
Comme au Salvador qui en 2017 est devenu le premier pays au monde à interdire l'exploitation de mines métalliques. Ce vote de l'Assemblée législative a eu lieu après une décennie de mobilisation locale contre les impacts miniers. Ou encore à Tambo Grande au Pérou, en 2002 lors d'un référendum local organisé par les associations et les ONG, la population a rejeté à plus de 98 % un projet de mine d'or créant un rapport de force suffisant pour obliger le gouvernement à annuler son accord avec la multinationale canadienne. Des référendums ont obtenu des résultats semblables à Esquel en Argentine en 2003 puis au Guatemala en 2022. Des référendums en 2023 en Équateur ont d’une part empêché l'attribution de nouvelles concessions dans une réserve attribuée à des sociétés minières souhaitant exploiter de l'or, de l'argent et du cuivre ; et d'autre part arrêté définitivement l'exploitation pétrolière dans un parc national de la forêt amazonienne.
Face à l'ambition affichée par les milieux industriels européens d'exploiter tous les gisements d'Europe nous pourrions imiter les peuples d'Amérique latine en luttant pour imposer au pouvoir public la tenue de référendums.
La remise en question de l’extractivisme est le seul moyen d’aborder sous un autre angle la transition écologique nécessaire pour éviter le pire. Comment peut-on honnêtement penser que l’industrie la plus polluante au monde est celle qui nous permettra de lutter efficacement contre le changement climatique ? Et quand bien même nous croirions à cette fable, l’ambition de miser sur l’extractivisme pour électrifier la totalité du parc automobile et ainsi lutter contre le changement climatique est incohérente. Il faudra des décennies pour équiper l’ensemble des voitures électriques. Mais une fois qu’on y sera parvenu, l’échéance de la lutte contre le changement climatique sera passée. Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut contester le régime minier. En plus de faire disparaître les milieux de vie et l'eau potable, la ruée minière va accroître les changements climatiques.
Pour en savoir plus vous trouverez en PJ un document produits par Solidaires 03 démontrant la nécessaire opposition au projet EMILI ainsi qu'à toute autre forme d'extractivisme.